Pour déterminer ce que sera Palotchka, nous nous inspirons librement de la Sudbury Valley School, de l'Ecole du 3ème type telle que la définit Bernard Collot et de la philosophie de John Dewey.


John Dewey (1859 - 1952)

EDUQUER PAR L'EXPERIENCE par Catherine Halpern

 

Figure du pragmatisme en philosophie, John Dewey fut aussi le promoteur outre-Atlantique de l'éducation nouvelle et de ses méthodes, qu'il considérait indispensable à la démocratie.

 

C'est une école pas comme les autres qui voit le jour en 1896 au sein de l'université de Chicago. Des élèves s'y rendent pour cuisiner, travailler le bois, bricoler, mener des projets concrets. Grâce à ces activités, aiguillés par leur enseignant, les jeunes apprennent ce que d'habitude on leur assène sans se soucier du sens qu'ils peuvent trouver à ces apprentissages. Il s'agit d'une école-laboratoire, qui comptera jusqu'à 140 élèves et 23 instituteurs, créée par le philosophe John Dewey qui entend bien pouvoir expérimenter ses thèses éducatives... Et pour cause, c'est l'expérience qui est au coeur de sa philosophie dont la pédagogie n'est en fait qu'un volet.

Figure de la philosophie pragmatiste américaine aux côtés de Charles Sanders Peirce et de William James, Dewey estime que la connaissance émerge de notre relation au monde extérieur. L'expérience est donc le maître-mot. La connaissance n'est pas un accès direct à des vérités immuables. C'est par l'action que l'élève apprend et non en absorbant passivement des vérités toutes faites. Pas de cours magistral dans un silence où la parole sacrée proférée par le maître s'abattrait sur de jeunes esprits soumis, mais des individus actifs, en mouvement, menant l'enquête sous la houlette d'un maître qui guide et accompagne.

 

Comment admettre que dans une société démocratique, l'école soit un bastion du conservatisme, où le maître dominerait sans partage de jeunes esprits par la contraintes ? Pour Dewey, l'école n'est pas un sanctuaire coupé du monde où se transmettrait de manière quasi immuable la culture et les savoirs. Il faut penser la continuité entre la société et l'éducation. Et c'est bien pour cela que l'éducation traditionnelle doit être remise en question. Son fonctionnement autocratique n'est pas cohérent avec l'avènement des sociétés démocratiques. L'école doit donner envie d'apprendre, permettre l'épanouissement des capacités de chacun, promouvoir l'esprit d'initiative et libérer la créativité. Il y a un objectif social dans l'éducation promue par Dewey : "L'école devient elle-même une forme de vie sociale, une communauté en miniature étroitement liée aux autres mode d'expérience que le groupe vit en dehors de l'école. Toute éducation qui développe la capacité de participer effectivement à la vie sociale est morale."

 

Si Dewey est l'apôtre de l'éducation nouvelle progressive, il entend l'être avec rigueur : "Proclamer que toute éducation authentique provient de l'expérience ne signifie pas que toutes les expériences sont immédiatement ou également éducatives. Expérience et éducation ne sont pas une seule et même chose." Et c'est là toute la tâche de l'enseignant que d'aider le groupe à cheminer, à construire avec lui des expériences proprement éducatives. S'il critique la routinisation de l'enseignement dans l'éducation traditionnelle, il ne défend pas pour autant l'improvisation. Mais plus que des méthodes pédagogiques, Dewey offre une réflexion capable d'articuler étroitement éducation, société et démocratie concrète.


L'école du 3ème type

En France, Bernard Collot, ancien instituteur de classe unique, a développé et théorisé une approche très similaire à Sudbury depuis les années 60 : l'école du 3ème type.

Pour rappel :

- Le 1er type est l’école traditionnelle et son approche verticale de l’enseignement.

- Le 2ème type concerne les pédagogies comme Montessori, Freinet…

Dans la pédagogie Freinet, la Coopérative Scolaire tient une place importante : il s’agit de créer une vraie société d’étudiants capable d’administrer la presque intégralité de la vie scolaire. Freinet insiste aussi sur le tâtonnement expérimental qui induit une motivation très forte, une implication immédiate de chaque enfant, qui acquiert ainsi connaissance en lui et en ses possibilités de progresser par lui-même. Selon Freinet, l’intérêt réside aussi dans le fait que lorsque l’on apprend quelque chose que l’on a découvert par tâtonnement expérimental on s’en souvient sans effort.

Nous partageons également la vision de l’apprentissage de Maria Montessori : «L’intelligence ne peut être menée que par le désir. Pour qu’il y ait désir, il faut qu’il y ait plaisir et joie. L’intelligence ne grandit et ne porte de fruits que dans la joie. La joie d’apprendre est aussi indispensable aux études que la respiration aux coureurs.»

L’école du 3ème type est une conception globale de l’école dans une unique finalité : contribuer à la construction de l’enfant en adulte autonome, disposant des outils de l’autonomie pour être et agir dans une société où il ne sera pas passif. Si elle découle des pédagogies actives et Freinet dont elle prolonge les logiques, elle s’appuie sur une notion différente des langages et de leur construction (langages oraux, écrits, mathématiques, scientifiques, manuels, corporels, artistiques...). Ces langages sont des outils neuro-cognitifs interprétant et produisant des informations et des représentations ainsi que leurs expressions. Ils permettent l'appropriation des connaissances et leurs mises en action dans des savoir-faire et des savoir-être. Elle s'appuie aussi sur les avancées des sciences biologiques, neuro-biologiques et d’une façon générale celles qui se situent dans une approche systémique. L’école du 3ème type est un système vivant (une entité dans un espace de vie) répondant aux lois de tous les systèmes vivants. Elle s’inclut dans l’environnement et l’écosystème social avec lesquels elle est en interaction et dont elle est un des espaces.  Les parents, le quartier, la ville sont partie prenante de l’élaboration de ses stratégies et de son activité.


Sudbury

Traduction du site de Sudbury Valley School (www.sudval.org)

 

L'école Sudbury Valley est un endroit où les enfants sont libres. 

Leur curiosité naturelle est le point de départ de tout ce qui se passe à l'école.

Ici les élèves décident de leurs propres activités. Le personnel, le lieu et l'équipement sont là pour répondre à leurs besoins. On peut apprendre de manière formelle ou informelle, dans de grands ou petits groupes, ou encore individuellement. Les personnes de tous âges sont libres d’être ensemble à tout moment. L’interaction entre les élèves d'âges différents, l’aide mutuelle dans l’apprentissage et ceci dans tous les domaines - des relations humaines aux maths - est l’une des plus grandes forces de l'école.

Les élèves partagent la responsabilité de leur propre environnement et de la qualité de vie à l'école. L'école est gérée par l’assemblée hebdomadaire, où chaque élève et employé ont une voix : l’éducation à Sudbury Valley est aussi l’éducation de la démocratie sur le terrain.

Un aperçu de la vie de la Sudbury Valley School.

 


 Palotchka 2018

Ecole privée hors-contrat

 

La palotchka est une lettre ajoutée à l’alphabet cyrillique lorsqu’il est utilisé

pour transcrire certaines langues caucasiennes. Il signifie littéralement

bâtonnet, ou petit trait. La palotchka n’a habituellement pas de

valeur phonétique indépendante, mais est utilisée pour modifier

la lecture de la lettre précédente